20 millions de conversations ChatGPT exigées par le New York Times : jusqu’où ira la bataille pour les droits d’auteur ?

20 millions de conversations, rien que ça !

Imaginez : toutes vos discussions nocturnes avec ChatGPT, vos questions existentielles sur les chats et votre recette parfaite de pancakes, compilées par millions dans un immense coffre-fort numérique. Maintenant, imaginez que ce coffre pourrait être ouvert par… le New York Times ! Non, ce n’est pas le début d’un roman d’anticipation, mais bien l’une des dernières secousses sismiques dans le paysage de l’intelligence artificielle et des droits d’auteur.

Le New York Times, vous savez, ce mastodonte de la presse américaine, réclame à OpenAI ni plus ni moins que 20 millions de conversations entre les utilisateurs et ChatGPT.

Le but ? Tenter de prouver que l’IA de la célèbre start-up a (soi-disant) violé ses droits d’auteur en avalant ses articles pour nourrir ses modèles. Un appétit de robot qui ne plait visiblement pas à tout le monde…

Comment en est-on arrivé là ?

Petit rappel du contexte pour ceux qui ont raté les premiers épisodes du feuilleton : fin 2023, le New York Times porte plainte contre OpenAI, estimant que ses articles ont été utilisés sans autorisation pour entraîner ChatGPT. Entre-temps, d’autres médias se sont greffés à la fronde.

Maintenant, dans le cadre de l’action en justice, la justice américaine pourrait ordonner à OpenAI de transmettre 20 millions de conversations, certes anonymisées, mais tout de même très parlantes. OpenAI, de son côté, ne mâche pas ses mots : la demande est « excessive » et mettrait en péril la vie privée de millions d’utilisateurs. On comprend que leur chatbot ait le tournis…

« Toute personne ayant utilisé ChatGPT au cours des trois dernières années doit désormais se préparer à ce que ses conversations privées soient transmises au New York Times, qui pourra les analyser à sa guise dans le cadre d’une enquête spéculative », alerte OpenAI dans un mémo destiné au tribunal.

Oui, vous avez bien lu : si le tribunal ne change pas d’avis, vos blagues et vos rêves d’intelligence artificielle pourraient finir à la loupe des enquêteurs du NYT. On espère qu’ils aiment les devinettes car 99,99% des conversations n’auraient, toujours selon OpenAI, strictement rien à voir avec leurs articles ou des droits d’auteur !

La protection de la vie privée : enjeu ou prétexte ?

Alors, paranoïa ou vraie menace pour la vie privée ? OpenAI tire la sonnette d’alarme : impossible d’assurer que même des conversations anonymisées seront absolument sans danger pour les utilisateurs. Pour la startup, la demande du journal fait « fi des protections de la vie privée établies de longue date » et rompt avec « les pratiques de sécurité de bon sens ».

Face à eux, le New York Times persiste : impossible de savoir si ChatGPT a contourné le paywall du journal (le fameux accès payant) ou recraché texto de longs extraits de leurs précieux articles, sans cette plongée XXL dans 20 millions de discussions.

La juge Ona Wang, quant à elle, tente de calmer le jeu : elle précise que tout sera anonymisé et que des mesures « exhaustives » seront prises pour éviter la moindre fuite de conversations sensibles. Suffisant pour rassurer tout le monde ? Pas vraiment…

Un précédent dangereux pour l’IA ?

Le vrai hic, pour OpenAI comme pour tous les utilisateurs actuels et futurs des IA génératives, c’est le précédent que pourrait créer cette affaire. Faut-il ouvrir la boîte noire de l’IA à chaque fois que l’on soupçonne une violation de droits d’auteur, quitte à examiner des millions d’échanges ultra-privés pour traquer quelques réponses litigieuses ?

Si la demande est validée, l’industrie de l’IA pourrait se retrouver dans la tourmente. Difficile, ensuite, de garantir la confidentialité des utilisateurs ou de convaincre le public qu’il peut parler sans filtre à son assistant virtuel préféré…

Il faut bien reconnaître que le New York Times ne lâche pas facilement l’affaire. Plus tôt dans l’année, il avait déjà tenté de faire obliger OpenAI à conserver l’intégralité des discussions des utilisateurs pour… devinez ? Des raisons d’enquête ! Devant le tollé suscité, la startup avait déjà crié à la « mesure excessive ». On commence à comprendre que dans cette bataille, tout le monde joue gros.

OpenAI promet de mieux protéger vos secrets prochainement

Pour rassurer la planète IA et sûrement le juge aussi, OpenAI rappelle qu’il planche déjà sur des boucliers plus costauds pour protéger les conversations. Au menu des prochaines mises à jour : chiffrement côté client et nouvelles barrières de sécurité. Ainsi, dans l’idéal, seuls les utilisateurs auraient accès à leurs propres données.

Dans de rares cas extrêmes, comme une menace sérieuse à la sécurité, une équipe restreinte et ultra-contrôlée pourrait accéder ponctuellement à certains échanges pour protéger les personnes concernées. En dehors de ces exceptions, personne ne devrait pouvoir mettre le nez dans vos discussions avec ChatGPT, pas même le New York Times ni même votre curieux voisin de bureau, mais ça c’est une autre histoire.

Un procès qui passionne, mais qui inquiète

Les enjeux sont immenses : d’un côté, la nécessité légitime pour les médias de protéger leur propriété intellectuelle ; de l’autre, le droit fondamental à la vie privée pour des millions d’utilisateurs. Entre enquête sur d’éventuelles infractions aux droits d’auteur et invasion potentielle de la vie privée, la justice est confrontée à un vrai casse-tête. Et pour une fois, nul besoin d’IA pour s’arracher les cheveux !

Cette affaire pourrait également servir de laboratoire grandeur nature pour savoir, une bonne fois pour toutes, jusqu’où peut aller l’accès aux données utilisateur dans une société où la frontière entre technologie et droits fondamentaux devient de plus en plus floue. Les géants de la tech, les médias, les juristes et… les utilisateurs guettent la décision avec impatience et quelques sueurs froides.

Et maintenant ?

Le compte à rebours est lancé : OpenAI a jusqu’au 14 novembre pour répondre à l’ultimatum. Faut-il s’inquiéter pour ses propres conversations ? Pour l’instant, rien n’est joué. Et heureusement, ce ne sont pas vos débats sur la recette de la meilleure sauce bolognaise qui devraient faire exploser le procès…

Ce feuilleton judiciaire s’annonce palpitant. D’ici là, on vous conseille de continuer à discuter sereinement avec votre IA préférée – mais évitez peut-être de révéler le code secret de votre coffre-fort. On ne sait jamais !

Pour suivre en temps réel l’évolution de cette bataille titanesque entre OpenAI et le New York Times, et découvrir toutes les implications sur l’intelligence artificielle, la confidentialité et les droits d’auteur… restez connectés. Et surtout, ne racontez rien à ChatGPT que vous ne diriez pas à votre grand-mère. Par prudence, sait-on jamais.

Sources principales : BFMTV, Reuters, OpenAI blog.

Source : 20 millions de conversations ChatGPT exigées par le New York Times : jusqu’où ira la bataille pour les droits d’auteur ?