Intelligence artificielle : La Cour des comptes pousse la France à passer la seconde… et vite !

L’IA, une priorité nationale qui doit accélérer la cadence

Vous l’entendez, ce grondement lointain ? C’est la vague de fond de l’intelligence artificielle qui s’apprête à déferler sur la France… à condition de ne pas louper la vague !

La Cour des comptes vient de déposer un rapport explosif appelant l’État à muscler, dynamiser et fédérer ses ambitions autour de l’IA.

Objectif : combler le retard face aux géants américains et chinois et éviter de rester sur le quai pendant que l’innovation part à la conquête du monde. Alors, la France va-t-elle enfin passer la vitesse supérieure en IA ? On fait le point sur ce joli coup de gueule institutionnel… et ses pistes pour le futur.

Les succès au rendez-vous mais attention au syndrome de l’essuie-glace

La Cour des comptes, sous la plume de Pierre Moscovici, a d’abord tenu à nuancer : tout n’est pas noir ! Les deux premiers plans nationaux pour l’IA (2018-2022 puis 2022-2025) ont permis plusieurs avancées solides :

  • 4 000 chercheurs IA actifs sur le sol français
  • Une véritable explosion des start-ups du secteur (doublées sur la période)

Bref, la dynamique existe. Mais alors, pourquoi tirer la sonnette d’alarme ? Eh bien, parce que cette bonne volonté ne suffit pas pour combler le fossé avec les champions mondiaux ! Pour Moscovici, il reste encore un marathon à parcourir avant de rivaliser avec les États-Unis et la Chine. Ces derniers courent en tête et, du côté français, la foulée doit sérieusement s’accélérer.

Les points faibles à corriger d’urgence

Un déploiement encore trop timide dans les entreprises

La principale critique porte sur l’adoption concrète de l’IA dans les entreprises françaises, notamment les PME et ETI. Malgré des dispositifs comme l’initiative IA Booster, l’impact est resté, avouons-le, aussi visible qu’une IA dans une photocopieuse des années 90 : pas grand-chose.

Pour la Cour des comptes, il est temps de massifier les usages, de capitaliser sur les réussites sur le terrain et, pourquoi pas, d’inventer une version « IA » du VIE (Volontariat international en entreprise)… mais en local !

Imaginez : un bataillon de jeunes experts en IA prêts à épauler, conseiller et digitaliser les PME de nos régions. Ce serait aussi branché qu’un chatbot qui vous raconte des blagues.

Des données à protéger et des supercalculateurs qui ont besoin de muscles

Autre point névralgique : les données et les capacités de calcul. Oui, la France s’est dotée de supers ordinateurs (coucou Jean Zay, et le petit dernier Alice Recoque), mais la majorité des fonds et du savoir-faire technique proviennent… du privé. Et qui tient la clé du cloud, du hardware ou des algorithmes décisifs ? Pas l’État !

Résultat, la Cour plaide pour une montée en puissance publique dans la gestion des données, le stockage souverain et le pilotage des projets d’envergure (vous avez dit « IA Factories » européennes ?).

La morale de l’histoire ? Pour que la France dépasse le stade du « je bricole un GPT dans mon garage », il va falloir lever le pied de l’embrayage !

Former, former et encore former : pas que les experts, aussi les profs… et tous les autres !

Côté formation, il y a eu… comme qui dirait, un léger oubli. Si la recherche s’est étoffée, la diffusion de la culture IA reste très limitée hors de l’enseignement supérieur. Problème : aujourd’hui, les élèves font déjà leurs devoirs avec ChatGPT dans la poche, les enseignants naviguent à vue, et une large part des actifs se demande encore si l’IA, c’est un mythe ou une menace. La Cour des comptes réclame donc de renforcer la formation continue, de démocratiser les savoirs IA… et de préparer les agents publics au choc de cette révolution.

Un chiffre à méditer en salle de pause : jusqu’à un tiers des emplois dans l’administration pourraient être impactés par l’IA. Anticiper, former, accompagner : le triptyque gagnant !

Gouverner l’IA, c’est mieux quand on est tous à bord

La France a beau empiler les comités, les commissions et autres task-forces, l’intelligence artificielle mérite selon la Cour… son propre QG ! L’idée défendue ? La création d’un secrétariat général à l’IA, rattaché directement au Premier ministre.

Ses missions :

  • Piloter la stratégie nationale
  • Coordonner les investissements et la commande publique
  • Éviter les « silos » : ou comment perdre 70% d’énergie à cause de querelles de chapelle entre administrations…
  • Mobiliser les meilleurs experts et les bonnes volontés en mode pluridisciplinaire

Et la cerise sur le supercalculateur : un budget dédié. De quoi structurer la feuille de route de l’IA française et éviter les grandes annonces sans lendemain.

L’Europe et la souveraineté numérique, ça nous concerne aussi !

La Cour ne perd pas de vue l’enjeu continental : pour avoir du poids, il faudra aussi jouer collectif à l’échelle européenne. Le projet de « IA Factories » et des collaborations type Mistral/SAP (une AI French Tech au sommet du partenariat franco-allemand !) sont vus d’un bon œil. Mais là aussi, attention au syndrome « chacun son bac à sable » : seule une approche globale et fédérée permettra à l’Europe et à la France de bousculer les géants du secteur.

Des recommandations… et pas juste pour la forme

La juridiction financière n’a pas couché son rapport sur pages blanches pour le fun. Elle propose une dizaine de recommandations pour accélérer l’IA made in France :

  • Renforcer le pilotage central
  • Démocratiser l’usage dans les entreprises
  • Investir dans les infrastructures de données et de calcul
  • Mettre en place une stratégie de formation massive
  • Développer une collaboration public/privé autour des enjeux d’intérêt général
  • Préparer et accompagner la transformation des métiers : oui, même celui du contrôleur des impôts !

Bref, sortir du mode « test & learn » pour passer à celui d’« industrialisation massive », avec tout ce que cela implique de coordination et de vision long terme.

Ce qu’il faut retenir : la France doit saisir sa chance

L’intelligence artificielle n’est pas une simple option technologique, mais déjà le moteur de la prochaine révolution économique… et la France n’a plus de temps à perdre ! Accélérer, massifier les usages, sortir de la logique silo, jouer collectif et investir dans la formation, c’est la feuille de route ambitieuse dessinée par la Cour des comptes.

Une chose est sûre : l’IA ne nous attendra pas. Saurons-nous devenir l’État stratège que tout le monde appelle de ses vœux ? Si on veut autre chose que de regarder les Américains et les Chinois transformer le monde, il va falloir enclencher le turbo sur l’innovation. On parie sur un printemps IA aussi dynamique que prometteur ?

Source : Intelligence artificielle : La Cour des comptes pousse la France à passer la seconde… et vite !