Neuralink, l’implant qui veut faire papoter votre cerveau avec ChatGPT : Elon Musk relance le débat sur l’humain augmenté

Le clavier est mort, vive le cerveau ! Neuralink dégaine sa nouvelle folie IA

À chaque fois qu’on pense avoir vu la dernière « folle idée » d’Elon Musk, il relève la barre encore un cran plus haut. Après avoir envoyé des voitures dans l’espace et promis Internet aux terriens grâce à une flopée de satellites, voici une nouvelle annonce signée Neuralink, la start-up de Musk spécialisée dans les interfaces cerveau-machine (ICM) : permettre de taper ses pensées… directement depuis la tête. Oui, oui, vous avez bien lu. Bientôt, discuter avec ChatGPT ou Gemini se passerait carrément de clavier (ou même de voix) pour passer au 100% télépathique version 2.0.

Neuralink : des implants au cœur de la science-fiction

Jusqu’ici, l’idée de parler à une intelligence artificielle nécessitait tout de même un support (un smartphone, une souris, un micro, au moins une bouche pour articuler). Mais Neuralink prépare un nouvel essai clinique qui risque de faire passer nos conversations actuelles pour de l’âge de pierre digital : traduire directement en texte l’activité cérébrale liée au langage. Le projet cible d’abord – et sérieusement – les patients ayant perdu l’usage de la parole, avec la promesse de rendre leur voix aux personnes privées de communication orale.

La société a d’ailleurs reçu une autorisation spéciale (Investigational Device Exemption) de la fameuse FDA (Food and Drug Administration) américaine. L’étude, qui devrait démarrer dès octobre, ambitionne de décoder « en temps réel » les phrases formulées mentalement, et ce, sans passer par une souris qui grince ou des dictées vocales pleines de fautes de frappe.

Comment marche cet implant Neuralink : le cerveau, nouvelle interface homme-machine

Concrètement, le nouvel implant Neuralink cible les zones cérébrales activées quand nous préparons à parler. Les signaux électriques qui trahissent l’élaboration mentale d’une phrase seraient décodés puis retranscrits en mots.

Dongjin Seo (non, ce n’est pas une IA, mais le président de Neuralink) le dit sans détour : « Si vous élaborez mentalement une phrase, nous pouvons la capter ». Fini le cliquetis des touches, les IA pourraient recevoir nos commandes aussi vite qu’on les pense. Magique… ou flippant ? Ce qui est sûr, c’est que la science-fiction n’a jamais été aussi proche de notre cortex.

Neuralink : une nouvelle vie pour les patients privés de parole

Neuralink axait jusque là ses efforts sur les sujets médicaux touchant à la motricité. Mais cette fois, la cible, ce sont les personnes qui, suite à un accident, une maladie ou un syndrome, ne peuvent plus parler. Jusqu’à présent, certains prototypes permettaient d’utiliser un pointeur virtuel pour sélectionner chaque lettre. Désormais, Neuralink veut aller bien plus loin : « décoder » instantanément la pensée. Imaginez, si vous pensez « je veux une pizza », l’IA est censée le comprendre, sans autre intermédiaire humain entre votre cerveau et la commande vocale.

Un bond immense pour les personnes privées de parole, qui pourraient retrouver un accès immédiat au dialogue, à condition que le dispositif tienne ses promesses technologiques… et éthiques (oui, on y reviendra).

Plus qu’un espoir médical, une révolution pour l’humain ?

Si Neuralink se concentre aujourd’hui sur l’aide aux malades, l’ombre du transhumanisme plane avec insistance. Elon Musk – qu’on ne soupçonne pas d’aversion pour la science-fiction – n’a jamais caché son ambition : créer un « humain augmenté » capable de rivaliser avec l’IA, voire de fusionner avec les machines. DJ Seo laisse déjà envisager un avenir où même les personnes en pleine santé pourraient, elles aussi, choisir de s’implanter cette passerelle cerveau-IA, histoire d’aller encore plus vite que Siri, Alexa & Cie. Vous avez peur de glisser dans une réunion Zoom ? Aucun souci, votre cerveau sera déjà synchronisé au cloud !

Dans le futur imaginé par Neuralink, l’information pourrait jaillir de notre tête vers nos écouteurs à la vitesse de la pensée, pour une boucle de communication homme-machine totalement inédite. À ce train-là, on aura bientôt des conversations simultanées avec des IA, tout en râlant mentalement contre le métro bondé.

L’essai clinique : encore (beaucoup) de questions

Lancé dès octobre aux USA, cet essai clinique n’est que le prélude à des années d’évaluation médicale. Comment mesurer « l’efficacité » d’un tel implant ? Par le taux d’erreur par mot, la vitesse de décodage, l’aisance à l’utiliser dans la vraie vie ? Et qu’en est-il de la biocompatibilité ? N’oublions pas les inquiétudes classiques : fibrose autour des électrodes, infection, nécessité de remplacement régulier, mises à jour du firmware… On est loin du simple airpod à recharger !

Tout ça, sans même évoquer la fatigue cognitive. Imaginez devoir penser chaque phrase sans jamais « penser de travers »… Les patients seront-ils aussi précis mentalement qu’un robot ? Ou devra-t-on s’attendre à quelques messages embarrassants, façon SMS envoyés au mauvais destinataire ?

Les critères d’un « succès clinique »

La FDA devra surveiller de près :

  • Le taux d’erreur : une pensée mal décodée, et vous pouvez déclarer à ChatGPT votre flamme par erreur…
  • La latence : le décalage entre la formulation de la pensée et son apparition textuelle. Imaginez vos pensées courir un marathon, pendant qu’elles tapent un sprint.
  • L’usage en conditions réelles : dans un salon bruyant ou une salle de réunion, l’implant fera-t-il toujours des merveilles ?

Tout ça devra encore être évalué, dans des contextes réels et au terme de plusieurs années de retours d’expérience.

Coucou le transhumanisme : jusqu’où irons-nous pour fusionner homme et IA ?

L’innovation de Neuralink pose de sérieuses questions éthiques. On franchit, en effet, un nouveau cap dans la fusion entre cerveaux et machines. Autoriser l’accès direct à nos pensées par une interface, même dans un cadre médical noble, c’est tendre une perche immense à toute la mouvance transhumaniste. Faut-il se contenter de réparer l’humain, ou accepter l’idée qu’on puisse l’augmenter ? La frontière est incroyablement fine entre offrir une liberté nouvelle à des patients… et titiller le rêve (ou le cauchemar) d’un humain « 2.0 », à la mémoire augmentée, la rapidité de connexion démultipliée, et la vie privée bien plus fragile qu’un disque dur trop vieux.

La société devra, tôt ou tard, trancher : jusqu’où sommes-nous prêts à offrir notre ADN numérique à la technologie ? Si on demandait à George Orwell ou Isaac Asimov, ils hésiteraient peut-être entre applaudir… et frémir !

La sécurité et la confidentialité des pensées : science-fiction ou safe tech ?

Plus étrange encore : qui protègera vos pensées ? Si votre implant se fait hacker par erreur ou capte une idée intime alors que vous étiez déjà célibataire… Vous voyez le souci. La société devra inventer les nouveaux pare-feux de la pensée, histoire de ne pas finir spammé par des pubs pour des pizzas à la moindre fringale mentale.

Derrière la prouesse technique, c’est bien notre rapport à l’intimité, à l’accès à la conscience et à la frontière homme/machine qui est interrogé. Un débat en or pour les bioéthiciens, et peut-être un job d’avenir pour des cyberpsychologues.

Neuralink, IA, et la science-fiction enfin réunies (pour de vrai)

Résumé du feuilleton : Neuralink prépare l’essai du siècle en promouvant un implant qui promet de décoder la pensée et de la convertir en texte pour le dialogue direct avec l’intelligence artificielle. Les objectifs sont nobles : aider les patients muets à retrouver la parole. Mais le potentiel (et les inquiétudes) dépasse déjà la sphère médicale, flirtant dangereusement avec l’idée d’un humain augmenté et d’une société encore plus connectée… ou piégée ?

Le clavier aura-t-il survécu à cette décennie, ou sommes-nous déjà destinés à être les premiers humains à cliquer par la pensée ? On attend la suite du feuilleton Neuralink avec une grosse poignée de questions en suspens, un brin de crainte… et, disons-le franchement, un sacré enthousiasme geek.

Et au rythme où va Elon Musk, qui parie sur le fait que dans 5 ans, on ne tapera plus « LOL » au clavier mais qu’on le pensera ? À vos pronostics, mais surtout… à vos cerveaux !

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Source : Presse-citron