Le mode IA de Google : la révolution qui n’a pas encore fait escale en France
Depuis quelques mois, Google muscle la recherche en ligne avec son fameux « mode IA », un outil boosté par l’intelligence artificielle générative, embarquant le robot Gemini pour cracher des résultats encore plus pertinents et personnalisés. Le hic ? Alors que le déploiement européen commence, la France fait du surplace et reste à quai ! Hé oui, profitez bien de vos souvenirs de la recherche « classique », parce que l’IA générative de Google, pour l’instant, c’est direction hors-frontières…
Pourquoi la France est-elle privée du mode IA de Google ?
La raison de ce traitement de faveur (ou disons plutôt défaveur…) : un imbroglio juridique bien de chez nous. En cause, les droits voisins, qui imposent à Google de verser une rémunération aux médias chaque fois que leurs contenus pointent le bout de leur nez dans les résultats Google ou Google News. Ce n’est pas nouveau ! Le géant a déjà dû casser la tirelire à plusieurs reprises : 500 millions d’euros d’amende en 2021, puis 250 millions d’euros supplémentaires en 2024. Bonjour la facture !
Autant dire que Google a préféré freiner des quatre fers avant d’introduire l’IA dans l’Hexagone, histoire d’éviter un nouveau tour de montagnes russes juridico-financières. Pour l’instant, pas de date précise. Les fans de nouveautés devront patienter encore « quelques semaines ou mois » selon le responsable de Google. Eh oui, même en tech, la France aime bien prendre son temps, surtout quand il s’agit d’argent…
Google grince des dents… et taille les lois françaises
En bons discrets qu’ils sont, les responsables de Google n’ont pas hésité à dire tout le mal qu’ils pensent de notre belle réglementation. Pour eux, ces lois empêchent la France de profiter de l’innovation, la bloquant avec des IA « version 2024 ». Merci à Kent Walker (responsable affaires publiques & râleur professionnel chez Google) pour ce petit tacle, qui considère que ce retard n’est franchement « pas bon pour la France ». Il ne s’est pas arrêté là et s’est aussi payé la réglementation européenne, notamment le Digital Markets Act (DMA) et l’IA Act, accusés de freiner l’arrivée des nouveautés sur le Vieux Continent.
Selon Google, ces obstacles pèsent lourd, et il faudrait, pour paraphraser Kent, « rationaliser et alléger » tout ce bazar réglementaire. En gros, laissez-nous innover tranquilles et arrêtez de remplir les formulaires Cerfa.
Le bras de fer géant : Google, Apple et les lois européennes
Ce mécontentement de Google n’est pas un cas isolé. Apple, jamais en reste pour râler, s’est permis de demander l’abrogation pure et simple du Digital Markets Act à Bruxelles, sous prétexte que cela empêcherait son écosystème de « s’épanouir sans contraintes ». La Commission européenne, elle, reste de marbre : le DMA, rappelons-le, a justement été créé pour lutter contre les abus de position dominante des mastodontes de la tech.
La tension monte donc d’un cran entre les géants de la Silicon Valley et les autorités européennes. Les États-Unis n’hésitent d’ailleurs pas à défendre leurs poulains, appelant carrément à désobéir à certaines lois européennes !
Un contexte politique tendu
Les attaques verbales pleuvent depuis que Donald Trump a (re)pris la parole, accusant l’Europe de discrimination technologique à l’égard des entreprises américaines. Résultat, la gestion des mastodontes du numérique devient un vrai feuilleton, chaque nouvel épisode mettant la diplomatie américaine et européenne à rude épreuve. Côté utilisateurs, on aimerait parfois que le climat soit moins tendu… et que les avancées technologiques soient un peu moins tributaires des batailles d’avocats !
Petit rappel : qu’est-ce que le « mode IA » de Google Gemini ?
Dans le tumulte des réglementations et des querelles franco-américaines, il est bon de rappeler de quoi il s’agit. Le « mode IA » de Google, dopé au moteur Gemini, promet de transformer vos recherches : vous tapez une question, et une IA analyse, trie, compile pour vous proposer une réponse hyper-personnalisée et contextualisée. Terminés les 15 onglets ouverts pour croiser les infos !
C’est intelligent, c’est pratique, et c’est tout nouveau. Sauf en France… on commence à sentir un thème, non ?
Avec cette intégration, Google espère aussi prendre une longueur d’avance sur Bing ou ChatGPT, histoire de ne pas se faire doubler dans la course à l’IA générative. Il faut dire que le secteur bouge très vite et que les attentes des internautes sont de plus en plus élevées : recherche vocale, réponses instantanées, conseils personnalisés…
Les lois européennes : rempart, frein…ou tremplin ?
Le Digital Markets Act et l’IA Act ne laissent pas indifférents. D’un côté, ils se veulent garants de la concurrence et de la protection des données, évitant que les géants de la tech ne fassent la pluie et le beau temps chez les utilisateurs européens. De l’autre, ils sont parfois accusés, notamment par Google et Apple, de freiner les innovations et de coûter cher aux entreprises (et en amendes, ils s’y connaissent !).
Mais c’est aussi l’assurance pour l’Europe d’un marché numérique plus vertueux, respectueux de la vie privée, et moins concentré dans les mains de quelques multinationales. Difficile de donner tort à l’une ou l’autre des parties, sauf si, comme nous, vous guettez juste l’arrivée des nouvelles fonctionnalités comme un enfant surveille le passage du Père Noël.
Le dilemme français : innovation ou protection des médias ?
La France, pionnière dans la défense de ses médias, se retrouve au cœur de ce bras de fer. Les droits voisins sont censés assurer un partage équitable des revenus publicitaires entre plateformes et créateurs de contenu. Mais à force d’ensemble de lois et de batailles juridiques, l’innovation technologique prend parfois du retard.
Méfiez-vous si vous voyez passer une proposition de loi « anti-robots ».
Ce que cela change concrètement pour l’utilisateur
Hormis la frustration de ne pas jouer avec les nouveaux jouets digitaux, cette absence de l’IA Google impacte aussi les usages :
- Les autres pays européens pourront expérimenter des résultats personnalisés et des suggestions intelligentes, pendant qu’en France, il faudra encore compter sur la recherche « traditionnelle ».
- Les professionnels du web devront patienter pour tester l’intégration du mode IA et imaginer de nouveaux usages pour leurs sites ou contenus.
- Les médias français, de leur côté, continueront à batailler pour protéger leurs droits et exiger un juste retour sur investissement.
En somme, pas de révolution tout de suite, mais il y a fort à parier que la pression montera côté utilisateurs.
Ce que cette affaire révèle pour le futur de l’IA en Europe
L’histoire Google-France est le parfait miroir des défis du numérique : comment encourager l’innovation, permettre la concurrence, sans sacrifier la souveraineté culturelle et l’équité ? C’est un équilibre à trouver qui, s’il n’est pas parfait aujourd’hui, pose les jalons du futur du web européen.
Alors, faut-il assouplir les lois pour accueillir tout ce que les GAFAM ont sous le capot ? Préférer un web instantané et performant, quitte à affaiblir les petits acteurs locaux ? Ou, au contraire, muscler la défense des éditeurs et protéger la vie privée, même si cela signifie patienter avant de tester les nouvelles IA ?
Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer, et on risque encore de voir pas mal de passes d’armes avant d’obtenir une version de Google Search augmentée par l’IA sur google.fr.
Quelques pistes pour patienter (et briller en société)
- Suivez de près le chantier législatif européen sur l’IA : le DMA et l’IA Act ne sont que les premières étapes !
- Testez les alternatives existantes, comme Bing boosté à l’IA ou encore Perplexity pour les curieux
- Gardez un œil sur Google News et les médias français : ils jouent ici un rôle clé en négociant l’avenir du web made in France
- Et si vraiment l’envie est trop forte… déménagez temporairement chez nos voisins belges ou espagnols pour tester le mode IA de Google
- Utilisez un VPN pour vous localiser hors de France et pouvoir tester cette nouveauté.
Pour aller plus loin : retrouvez tous les rebondissements
Le bal des géants de la tech ne fait que commencer et vous pouvez être sûr d’une chose : la recherche Google façon IA, en France, ce n’est qu’une question de temps. D’ici là, si quelqu’un vous demande si vous avez testé la nouveauté, vous saurez brillamment quoi répondre : « Non, mais j’ai un excellent VPN et la fibre à la maison ! »
Source : Recherche Google : l’IA débarque en Europe… sauf en France, snif !
