8 milliards de dollars de pertes (et pas de miracle sur Mars)
Si vous pensiez que seuls les films de science-fiction savaient faire exploser les compteurs, il est temps de se pencher sur le feuilleton financier d’Elon Musk et de sa startup xAI.
Depuis janvier 2025, 7,8 milliards de dollars se sont évaporés en à peine quelques mois — soit quasiment le PIB du Monténégro, d’où l’analogie savoureuse utilisée par Musk lui-même. Mais alors, comment l’une des figures les plus emblématiques de la tech peut-elle brûler autant d’argent si rapidement, sans même cligner des yeux ? Spoiler : il ne s’agit pas d’une panne de fusée, mais d’un décollage raté qui va bien au-delà de l’orbite financière…
Quand xAI flambe du cash comme jamais
Pour nous remettre les chiffres en tête, prenons un instant. Selon des documents internes dénichés par Bloomberg, la startup xAI, lancée par Elon Musk en fanfare, a subi rien que 1,46 milliard de dollars de pertes au troisième trimestre 2025. Première réaction : mais où part tout cet argent ?
Petit focus sur les revenus : sur la même période (juillet à septembre 2025), xAI n’a généré « que » 107 millions de dollars. Dit comme ça, on pourrait croire à une soirée arrosée sur la Côte d’Azur, mais non : ces recettes ne couvrent même pas 7 % des pertes, l’équivalent d’apporter un tube d’aspirine pour refroidir un volcan en éruption.
Question rentabilité ? On repassera : l’EBITDA, ce fameux indicateur de santé financière, affiche un joli déficit cumulé de 2,4 milliards de dollars sur neuf mois. Et hop, on explose déjà les pires prévisions annuelles de 2,2 milliards !
Comment xAI survit-elle ? La perfusion du milliardaire…
Serait-il possible de vivre aussi bien dans le rouge ? Chez xAI, la réponse s’appelle “levées de fonds”, et la jauge est tout simplement hallucinante. Depuis ses débuts, la startup a récupéré pas moins de 40 milliards de dollars, dont 20 milliards rien que lors d’une récente levée de fonds (Series E, c’est plus glamour que de compter ses centimes à la boulangerie).
À la table des investisseurs ? Des cadors comme Nvidia, Valor Equity Partners, ou encore le Qatar Investment Authority. Un tour de table qui aurait sûrement rendu jaloux le Monopoly.
Cette montagne de cash permet à Jon Shulkin, le directeur des revenus chez xAI, d’afficher une sérénité presque insolente : « Pas de panique, chers investisseurs, on a largement de quoi continuer à flamber… euh, investir. »
Avec moins d’un milliard de dollars de dépenses par mois, xAI assure qu’elle peut tenir encore plus d’un an avant de devoir relever la tirelire du cochon. De quoi voir venir, même si le cochon tire la tronche !
Où part l’argent ?
- Salaires et primes en actions : 160 millions de dollars pour garder les cerveaux les plus affûtés – voilà de quoi acheter beaucoup (beaucoup) de Twix à la machine à café.
- Infrastructures colossales : Le joyau du portefeuille ? Le lancement d’un data center pharaonique à Southaven, Mississippi, pour la modique somme de 20 milliards de dollars. Pas mal pour une ville surtout connue pour ses parties de baseball ! Une extension est également prévue à Memphis (Tennessee), avec le soutien de batteries Tesla Megapack. Voilà comment Elon Musk recycle, il passe d’une entreprise à l’autre comme d’autres changent de chaussettes. On adore.
La galaxie Musk : mélange des genres et synergies
Elon Musk est un spécialiste du jeu de dominos entrepreneurial, où chaque pièce occupe une case différente, mais finit par renverser les autres. Chez xAI, la science de la porosité entre les sociétés bat son plein. Illustration :
- SpaceX, l’entreprise qui vise les étoiles, a investi directement dans xAI.
- Grok, le chatbot maison de xAI, est intégré à X (ex-Twitter), mais se retrouve aussi embarqué dans des Tesla.
- Récemment, Tesla a même lancé l’idée d’investir officiellement dans xAI, avec le soutien des actionnaires. Mais le conseil d’administration a joué la carte de la prudence… pour le moment.
Moralité, chez Musk, tout est dans tout et réciproquement. On soupçonne que, bientôt, un ticket de SpaceX fournira aussi un abonnement Grok Premium.
xAI, championne des dépenses en mode startup IA
Même si les comptes virent au rouge, il s’agit presque d’une tradition dans la Silicon Valley version IA. Car xAI n’est clairement pas la seule à « griller du cash » à ce rythme olympique. Que les actionnaires se rassurent (ou pas) : OpenAI, l’inventeur de ChatGPT, joue aussi dans la catégorie fonds perdus. C’est le sport favoris de l’industrie IA, en attendant une rentabilité hypothétique et souvent reportée à l’an prochain, ou celui d’après… Ou celui d’encore après.
Mais pourquoi cette frénésie de dépenses ? Elon Musk et son équipe sont persuadés que xAI porte l’avenir du secteur. Son rêve ultime : développer une intelligence artificielle auto-suffisante, celle qui animera un futur robot humanoïde baptisé Optimus (oui, comme le Transformer), créé par Tesla.
Une vision quasi futuriste baptisée « Macrohard » – une entreprise logicielle pilotée entièrement par l’IA. Parce qu’après tout, déjà que Windows nous demande tout le temps d’attendre, pourquoi ne pas laisser une IA prendre les commandes ?
Zoom sur les chiffres qui donnent le tournis
- Pertes au 3ème trimestre 2025 : 1,46 milliard de dollars
- Pertes totales depuis le lancement : 7,8 milliards de dollars
- Revenus sur la même période : 107 millions de dollars (si, si, c’est tout)
- Total de fonds levés : 40 milliards de dollars
- Investissement data center Southaven : 20 milliards de dollars
On espère qu’il y a le wifi au moins partout dans ce data center !
Des robots, des rêves, et de la patience (beaucoup de patience)
Pour Musk, cramer 8 milliards de dollars en neuf mois n’est qu’une étape sur la route vers l’automatisation totale. Faisons un calcul rapide : à ce rythme, l’objectif est-il de pulvériser le PIB de l’Islande d’ici deux ans ? Mais attention, derrière cette vision pharaonique, la question « Et si tout ça s’écroule ? » reste réelle.
Pour le moment, non seulement xAI n’a pas franchi la barre de la rentabilité, mais ses investissements mirobolants s’accompagnent souvent de promesses encore futuristes. Le projet « Macrohard » intrigue, Optimus le robot amuse ou inquiète selon les points de vue, et la fonderie à cash semble intarissable…
Pas de panique : l’histoire de la tech fourmille déjà de précédents. Amazon a perdu de l’argent pendant de longues années avant de dominer le e-commerce. Tesla aussi n’a pas démarré au quart de tour. Mais la machine Musk a ceci de particulier qu’elle aime faire les choses en (très) grand.
xAI : pionnière ou « gouffre » de la tech IA ?
Le secteur de l’IA est férocement compétitif, et la course à l’innovation impose son rythme effréné. Pour s’imposer, il faut être prêt à dépenser… sans compter. Les startups comme xAI grillent des milliards pour se positionner, embaucher les meilleurs experts IA, construire des infrastructures titanesques, et développer des produits comme Grok qui ont vocation à s’imposer sur tous les fronts (voitures, réseaux sociaux, bientôt grille-pain ?).
Mais dans la Silicon Valley (et au-delà), la DATA est reine : d’ici à quelques années, une avancée décisive pourrait faire exploser la valorisation de xAI – ou tout réduire en cendres numériques. Pour l’instant, patience et audace sont de mise. Après tout, « No risk, no reward » comme disent les investisseurs (en croisant très fort les doigts).
Notre synthèse : Musk, IA et l’avenir – une équation à 12 zéros
Rien n’est joué pour xAI. Si Elon Musk continue de faire confiance à sa vision et à la synergie de ses empires, c’est bien parce que dans la tech, la fortune sourit aux audacieux. Peut-être aussi à ceux qui savent vendre du rêve… ou le transformer en robot !
En attendant de voir si Optimus dansera la macarena sur le bureau de votre patron d’ici cinq ans, une chose est sûre : suivre les aventures financières d’Elon Musk, c’est comme regarder une série Netflix dont chaque épisode se termine par un cliffhanger économique.
À suivre… et qui sait, le prochain PIB à dépasser sera peut-être celui du Liechtenstein !
Source : Presse-citron
