Les métiers techniques en pleine forme, merci l’IA !
On entend partout que l’intelligence artificielle va tout révolutionner : elle dessine, elle code, elle écrit (coucou !), mais — petite surprise — elle n’est absolument pas près de réparer vos fuites d’eau ou de raccorder votre nouveau centre de données. Car en 2024, alors que la planète entière semble fascinée par ChatGPT et les robots humanoïdes, les vrais héros du quotidien qui font tourner les serveurs (et la climatisation qui va avec), ce sont… les plombiers, les électriciens et les techniciens CVC (Chauffage, Ventilation et Climatisation).
Si vous imaginez que demain les IA construiront elles-mêmes les méga-data centers qui hébergent leurs propres cerveaux, détrompez-vous. Dans la réalité, c’est une explosion de la demande de main-d’œuvre technique qu’on observe, portée par l’essor inarrêtable des infrastructures liées à l’IA. Plombier 1, IA 0.
Le boom des centres de données : moteur de la nouvelle ruée vers l’or (de la plomberie)
Vous avez remarqué ? Il n’y a pas une semaine sans qu’un géant de la tech n’annonce la construction d’un nouveau centre de données. Des bâtiments énormes, remplis de serveurs affamés d’électricité, d’eau pour la refroidir, et demandant des installations CVC dernier cri. Pourquoi ? Parce que pour entraîner l’IA qui vous suggère des recettes de pancakes ou celle qui bat tout le monde au go, il faut (vraiment) du lourd côté infrastructure.
Jensen Huang, le patron de Nvidia (qu’on ne présente plus dans le milieu du processeur graphique et du T-shirt en cuir), a récemment résumé la situation au Forum Économique Mondial : « Nous vivons le plus grand déploiement d’infrastructures de l’histoire humaine. » Rien que ça. Et qui va assembler tout ça ? Spoiler : pas ChatGPT.
IA et métiers techniques : un mariage inattendu
On aurait pu croire que l’IA et la robotisation rendraient les métiers techniques obsolètes. Mais il se passe tout l’inverse : ils deviennent absolument irremplaçables. Car chaque data center flambant neuf a besoin de kilomètres de câbles, de tuyaux bien isolés, et de ventilos plus puissants que dans la salle serveur du lycée du coin. Et croyez-nous, changer une résistance de 4 000V, même une IA prudente préfère laisser ça aux humains.
Des chantiers partout, des embauches à la pelle
Exemple frappant : aux États-Unis, BlackRock, le Goliath de l’investissement mondial (imaginez le Monopoly, mais dans la vraie vie et avec plein de zéros), vient de mettre sur la table un programme philanthropique de 100 millions de dollars. Objectif : répondre à la pénurie grandissante de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers techniques qui font tourner la nouvelle économie numérique. Formation, recrutement, reconversion… l’enjeu est tel que Larry Fink, le big boss, parle d’un besoin total de 10 000 milliards de dollars d’investissements en infrastructures d’ici 2033 dans le pays.
Si on vous dit que le Bureau of Labor Statistics américain anticipe +9% d’emplois pour les électriciens d’ici 2034 (bien plus que la croissance moyenne), ce n’est pas une coïncidence. Avec des data centers toujours plus nombreux et des smart cities qui poussent comme des champignons, la demande explose.
Et ce n’est pas fini ! Selon BlackRock, l’ensemble des métiers de l’infrastructure – plombiers, électriciens, techniciens CVC mais aussi ferrailleurs, et autres bâtisseurs – devraient voir leur marché du travail grossir de plus de 5 % dans la prochaine décennie, contre une moyenne nationale de 3 %. Avouez, ça donne envie d’enfiler une ceinture à outils !
Entre transformers et perceuses : les robots ne sont pas prêts
Vous vous rappelez des craintes des années 2010 : « Les robots vont piquer tous les boulots ! » Eh bien, il semblerait qu’ils font une exception pour les métiers où il faut être agile, s’adapter à l’imprévu, et – osons le dire – avoir du doigté lors du remplacement d’un joint sous un évier fuyant (quand on sait, on sait).
L’intelligence artificielle excelle dans ce qui est répétitif, digital, standardisé. Mais serrer un raccord de tuyauterie dans un coin sombre et improbable du local technique, ou remettre aux normes un réseau électrique dans une salle de serveurs surchauffée, ça reste pour l’instant… un art plutôt humain.
L’infrastructure, ça n’a jamais été aussi sexy (c’est la tech qui le dit)
Pourquoi tout explose maintenant ?
Il y a quelques années, les data centers étaient l’affaire des géants du web, mais aujourd’hui ils deviennent le cœur battant de l’économie de l’IA. Microsoft, Google, AWS, Meta – tout le monde s’y met, et chacun veut son data center prêt à accueillir sa propre IA surpuissante.
Sauf que ces bâtisses sont de vraies usines à énergie : il faut fournir des mégawatts d’électricité, garder tous ces serveurs bien au frais (bonjour les systèmes CVC de compétition) et, dans certains cas, investir dans des installations de récupération de chaleur ou de refroidissement par immersion. Des défis qui font bondir la demande en électriciens, plombiers et autres techniciens spécialisés. Bref, la « tech » devient très « terrain » et les offres d’emplois sont légion.
Un secteur à l’abri de la délocalisation (et des robots)
On le rappelle souvent : impossible de délocaliser la pose d’un chauffe-eau ou la remise aux normes électriques d’un bâtiment à l’autre bout du globe. Ces métiers, ancrés localement, sont aussi ceux qui participent de la résilience de notre économie numérique. Sans eux, pas d’IA qui tourne, pas de réseaux sociaux, pas de streaming, et la rédaction de cet article serait… comment dire… impossible.
La formation, la nouvelle pièce maîtresse
BlackRock ne s’y trompe pas : son programme philanthropique de 100 millions de dollars a un but très clair. S’il y a tant d’opportunités à saisir, encore faut-il que les candidats soient formés ! Aux États-Unis, comme en Europe ou ailleurs, la filière technique souffre parfois d’un manque d’attractivité ou de préjugés – alors même que les salaires n’ont jamais été aussi attractifs, et les perspectives d’évolution aussi prometteuses. À 25 ans plombier-roboticien, à 35 contrôleur automatisation CVC… il y a de quoi donner des rêves aux bricoleurs de demain.
Des métiers durables (dans tous les sens du terme)
Dans l’ère du « green IT », l’efficacité énergétique des centres de données devient un sujet majeur. Qui d’autre que ces experts techniques pour innover et installer des solutions de refroidissement plus économes, des circuits électriques plus robustes, bref, pour rendre l’IA plus verte ? Les plombiers et techniciens CVC d’aujourd’hui sont aussi les héros écolo de demain.
En pratique : quelles compétences pour réussir ?
Aujourd’hui, être plombier, électricien ou technicien CVC, ce n’est plus juste manier la clef à molette et le voltmètre. Les installations modernes requièrent des compétences high-tech : lecture de plans numériques, gestion domotique, maintenance connectée, et même intervention auprès de robots installateurs (ça arrive, mais la supervision humaine reste cruciale). Autant dire que la formation continue et la polyvalence sont les nouveaux must-have du métier.
On oublie les idées reçues : les meilleurs techniciens sont ceux qui n’ont pas peur de la technologie, qui savent collaborer avec l’IA… ou la remettre en marche quand elle tombe en panne (elle-même !).
L’avenir est prometteur (et concret !)
Il n’y a pas que les data centers : logements intelligents, réseaux électriques ultra-performants, villes connectées… partout, la demande en talents techniques explose. Et dans un monde où l’on manque d’artisans qualifiés, c’est aussi une opportunité en or pour tous ceux qui aiment le concret, la résolution de problèmes et l’apprentissage permanent.
Petit secret de la Silicon Valley : ce sont les techniciens qui font tourner le monde
Il fut un temps où la jeunesse rêvait de devenir développeurs ou influenceurs. Mais si on regarde les statistiques de recrutement des géants de la tech, une chose saute aux yeux : sans plombiers, sans électriciens, et sans techniciens CVC, c’est toute la pyramide numérique qui tremble sur ses bases.
Même chez les plus grands, la demande pour ces profils reste si forte que de nombreux programmes d’apprentissage, de reconversion et de prime à la formation fleurissent. Le tout, souvent, à grand renfort de bonus à la signature.
Et si votre rêve était simplement de voir en direct le « cloud »… eh bien, il vous suffit d’entrer dans un cloud center. Blague à part, si vous cherchez un job qui marie sécurité, utilité, et, soyons honnête, des chances de réparation de fuite de votre propre salle de bain… vous savez désormais où regarder.
Bref, l’IA n’est (vraiment) rien sans eux
Ce boom inattendu nous rappelle une vérité simple : l’IA, c’est du code, de l’électricité, des serveurs, mais aussi des kilomètres de câbles, des litres de liquide de refroidissement, et des installations béton. Et dans cette histoire, les vrais artisans de l’intelligence du futur, ce sont souvent ceux qu’on appelle… pour l’entretien du présent.
Alors qui sait ? Les métiers « classiques » mais techniques ont peut-être devant eux la plus belle (r)évolution de l’ère IA. Et qui aurait parié là-dessus en 2010 ?
Avez-vous vu passer un data center dans votre quartier ? Non ? Mais vous n’avez jamais eu autant besoin d’un plombier !
Pour aller plus loin :
- L’article original sur Presse-citron
- Le programme BlackRock pour booster la formation technique
- Autres articles sur l’emploi et l’IA
Source : Presse-citron
